La salle des fêtes du Sofitel Hôtel Ivoire a refusé du monde ce samedi 2 mai 2026. L’Union des Enseignants du RHDP (UE-RHDP) y effectuait sa rentrée politique sous le signe de la cohésion, en présence de l’élite du parti au pouvoir. Entre bilan historique, piques acérées contre l’opposition et perspectives électorales, le ton est donné : le RHDP se prépare pour une domination durable.
Le président de l’UE-RHDP, Drissa Ouattara, a ouvert le bal en rappelant le rôle stratégique des enseignants dans l’architecture du parti. Désormais unifiés au sein d’une seule entité (fusion des anciens mouvements RER et universités), les enseignants se positionnent comme le fer de lance de la formation des militants.
« Nous restons entièrement disposés à appliquer strictement les instructions de la haute direction. Notre rôle de gardien est de former les militants et de préserver la paix à l’école pour une Côte d’Ivoire prospère », a-t-il déclaré.
Invité de marque, le Ministre de l’Emploi et de la Protection Sociale, Adama Diawara, a livré un discours musclé. Saluant le leadership « exceptionnel » du Président Alassane Ouattara, il a exhorté les militants à ne pas s’endormir sur leurs lauriers.
Pour le ministre, la conquête du pouvoir n’était qu’une étape. L’enjeu majeur reste sa conservation :
• Par respect pour l’histoire : « Ce pouvoir a été acquis dans le sang et les larmes. »
• Par devoir national : « Nous devons le conserver le plus longtemps possible, pas par égoïsme, mais parce qu’en face, l’opposition ne propose rien de crédible. »
Avec une pointe d’ironie, Adama Diawara a méthodiquement déconstruit les promesses de ses adversaires politiques, citant deux exemples qu’il juge « lunaires » :
1. Une université par commune : « Une université moderne, c’est minimum 300 hectares et 85 à 114 milliards FCFA. Où trouveront-ils l’espace et l’argent dans chaque commune ? C’est de la démagogie. »
2. Le financement par les boîtes de sardines : Réagissant à l’idée de financer des ponts par une taxe sur les sardines, le ministre a ironisé : « Même si chaque Ivoirien mangeait une boîte par jour, il faudrait des décennies pour financer un seul pont. Ils proposent des rêves de pouvoir, rien d’autre. »
Le conférencier M. Julien, représentant le Ministre-Gouverneur, Cissé Bacongo, a enrichi la cérémonie par un rappel historique exhaustif. Il a dépeint le RHDP non pas comme une simple alliance électorale, mais comme un « instrument de transformation ».
M. Julien a structuré son analyse autour des acquis majeurs du parti :
• Paix et Sécurité : Un indice de sécurité passé de 6,8 à 1,2 en dix ans.
• Économie : Une résilience modèle et une croissance dynamique.
• Infrastructures : Construction de stades (CAN 2024), d’universités et électrification rurale.
• Social : L’obligation scolaire de 6 à 16 ans et le recrutement massif d’enseignants.
Malgré ce bilan élogieux, les orateurs ont identifié les défis que le RHDP doit relever pour rester hégémonique :
1. L’unité interne : Gérer la diversité sans créer de fractures.
2. Le renouvellement : Intégrer les jeunes et les femmes par le mérite.
3. La révolution numérique : Maîtriser l’intelligence artificielle et la communication digitale pour contrer la désinformation.
Cette rentrée politique de l’UE-RHDP se referme sur un message clair : l’union sacrée derrière Alassane Ouattara. Pour les enseignants du parti, l’heure est à la mobilisation terrain pour transformer les acquis actuels en une victoire incontestable lors des prochaines échéances électorales.
Moussa Camara
Nasopresse.com