Le vendredi 17 avril 2026, l’Institut national de santé publique (INSP) d’Adjamé a abrité la célébration de la Journée mondiale de l’hémophilie, placée sous le thème évocateur : « Diagnostiquer, première étape du soin ». Cette rencontre a réuni professionnels de santé, acteurs associatifs et autorités sanitaires, tous mobilisés autour de la sensibilisation à cette maladie héréditaire encore méconnue du grand public.
Les activités ont débuté par une série d’interventions scientifiques et pédagogiques. Le docteur Kamara Ismaël, représentant du laboratoire Roche, a ouvert la séance en mettant en lumière les avancées récentes en matière de diagnostic et de prise en charge de l’hémophilie. Il a insisté sur l’importance des outils modernes de dépistage, essentiels pour permettre une détection précoce et améliorer la qualité de vie des patients.
À sa suite, le professeur adjoint Adjambri Adia Eusèbe, maître de conférences agrégé en hématologie, a approfondi les aspects cliniques de la maladie. Son intervention a permis de mieux comprendre les manifestations de l’hémophilie, les difficultés liées à son diagnostic dans les pays en développement, ainsi que les perspectives d’amélioration des systèmes de santé.
La cérémonie officielle de lancement a ensuite été ouverte par les propos de bienvenue du Directeur général de l’INSP, le professeur William Yavo. Dans son allocution, il a salué l’engagement de l’ensemble des acteurs impliqués dans la lutte contre les maladies du sang et rappelé le rôle central des institutions sanitaires dans la promotion du diagnostic précoce.
Prenant ensuite la parole, M. Koffi N’Dri Moïse, président de l’Association des hémophiles de Côte d’Ivoire et de l’ONG internationale Hémophilie et autres maladies du sang, a dressé un état des lieux préoccupant de la maladie en Côte d’Ivoire, tout en appelant à un renforcement urgent de la sensibilisation et du diagnostic.
Il a rappelé que son organisation, créée en 2008 et affiliée à la Fédération mondiale de l’hémophilie, accompagne depuis plusieurs années les patients et les structures sanitaires. Toutefois, il a indiqué qu’un important écart demeure entre les estimations et les cas recensés : alors que plus de 3 200 personnes seraient concernées dans le pays, seuls 215 patients sont aujourd’hui identifiés.
Selon lui, cette situation traduit une insuffisance de diagnostic et de sensibilisation, aussi bien au niveau de la population que du personnel de santé. Il a également souligné les efforts entrepris en matière de prise en charge, notamment grâce aux dons de facteurs de coagulation et au soutien de l’État ivoirien dans la mise en place de la prophylaxie.
Cependant, il a déploré la concentration des soins dans quelques centres hospitaliers, notamment les CHU de Cocody et de Treichville, ce qui contraint de nombreux patients à de longs déplacements pour accéder aux traitements.
Revenant sur le thème de la journée, « Diagnostiquer, première étape du soin », il a insisté sur l’importance d’un diagnostic précoce et fiable, condition essentielle pour une prise en charge efficace. Il a également sensibilisé l’opinion publique, rappelant que certains saignements inhabituels ne relèvent pas de causes mystiques, mais peuvent être liés à une maladie héréditaire nécessitant une prise en charge médicale.
La série d’interventions s’est achevée avec celle de M. Tia Koné, représentant du ministre de la Santé et de la Couverture maladie universelle (CMU). Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement ivoirien à renforcer les capacités du système de santé en matière de dépistage et de prise en charge des maladies rares, notamment l’hémophilie.
À travers cette journée, les organisateurs ont rappelé que le diagnostic constitue la première étape vers un traitement efficace. Une sensibilisation accrue, associée à un meilleur accès aux soins, demeure essentielle pour offrir aux personnes atteintes d’hémophilie une meilleure qualité de vie et une espérance de vie améliorée.
Sacré Abel
Nasopresse.com