Président-directeur général de la Compagnie Minière de Nawa, Kourouma Kabiné s’impose aujourd’hui comme une figure incontournable du secteur minier ivoirien. À l’occasion de son sacre lors de la 8ᵉ édition de l’Organisation de l’Afrique du Développement et de l’Émergence, il a accordé une interview dans laquelle il revient sur son parcours, sa vision du secteur et livre des conseils aussi bien aux populations qu’à la jeunesse.
Un parcours construit sur l’expérience et la rigueur
C’est dans le département de Taï que Kourouma Kabiné fait ses premiers pas dans l’activité minière. Très tôt confronté aux réalités du terrain, il comprend la nécessité d’exercer dans un cadre légal, notamment avec l’évolution du secteur et l’instauration d’un nouveau code minier en Côte d’Ivoire.
Animé par cette volonté de structuration, il crée sa première société, avant de fonder la Compagnie Minière de Nawa. Une entreprise qui s’inscrit dans une dynamique de professionnalisation et de respect des normes en vigueur, dans un secteur souvent confronté à l’informel.
Une reconnaissance qui encourage à aller plus loin
Lauréat de la 8ᵉ édition de l’Organisation de l’Afrique du Développement et de l’Émergence, le PDG exprime sa gratitude face à cette distinction. Pour lui, cette récompense représente bien plus qu’un trophée : elle symbolise la reconnaissance du travail accompli sur le terrain.
Kourouma Kabiné voit également dans cette distinction un appel à redoubler d’efforts. Il salue le rôle des organisations qui valorisent les initiatives positives et encouragent les acteurs du développement à persévérer dans leurs actions.
Un plaidoyer contre l’exploitation clandestine
Dans un secteur marqué par la présence de nombreux opérateurs, Kourouma Kabiné tire la sonnette d’alarme sur les dangers de l’exploitation minière clandestine. Il appelle les chefs de village, les communautés et les propriétaires terriens à la vigilance.
Selon lui, collaborer avec des opérateurs inconnus expose les populations à de lourdes conséquences, notamment sur le plan environnemental et social. Ces exploitants illégaux, souvent difficiles à identifier, quittent les sites après exploitation en laissant derrière eux des dégâts considérables.
Plus préoccupant encore, leur présence engendre parfois des conflits et un manque de respect des autorités locales, mettant en péril l’équilibre des communautés.
Promouvoir une exploitation légale et responsable
Face à cette situation, le PDG recommande aux populations de se rapprocher d’opérateurs reconnus ou des services compétents, notamment les directions régionales ou départementales des Mines.
Il rappelle également que l’activité minière artisanale est prioritairement réservée aux Ivoiriens. Une opportunité que les propriétaires terriens devraient saisir pour exploiter leurs ressources de manière légale, organisée et durable, plutôt que de les confier à des acteurs clandestins.
Un message fort à la jeunesse
Au-delà du secteur minier, Kourouma Kabiné s’adresse à la jeunesse ivoirienne et africaine avec un message clair : la réussite passe par l’effort et la persévérance.
Il met en garde contre la recherche de la facilité et insiste sur l’importance de la formation. Selon lui, maîtriser un métier demande du temps, de la patience et un engagement total. Il encourage ainsi les jeunes à apprendre auprès des aînés et à considérer chaque étape de leur apprentissage comme un investissement pour l’avenir.
La paix, socle du développement économique
En guise de conclusion, Kourouma Kabiné exprime sa reconnaissance envers les initiateurs de la distinction et adresse une pensée à la Côte d’Ivoire. Il rappelle un principe fondamental : sans la paix, aucun développement économique n’est possible.
Pour lui, la stabilité du pays reste la condition essentielle pour permettre aux activités économiques, notamment minières, de se développer durablement et de contribuer au progrès national.
Ibo François
Nasopresse.com