Côte d’Ivoire / Cacao : face à la chute des cours mondiaux, l’État ivoirien sort le bouclier pour protéger les producteurs

Face à la baisse significative des prix internationaux du cacao, le ministre d’Etat, ministre de l’agriculture, Kobena Kouassi Adjoumani a déclaré que le gouvernement ivoirien a annoncé une série de mesures fortes visant à préserver les revenus des producteurs et à garantir la stabilité de la filière pour la campagne 2025-2026. Un plan d’action structuré est désormais en phase opérationnelle, avec pour pierre angulaire le maintien du prix bord champ à 2 800 FCFA le kilogramme, un niveau historique en Côte d’Ivoire.

Fixé par le Président de la République, SEM Alassane Ouattara, sur la base de ventes par anticipation, le prix au producteur de 2 800 FCFA/kg reste inchangé jusqu’au 31 mars 2026. Une décision stratégique, alors même que les cours internationaux du cacao ont chuté de près de 30 % depuis septembre 2025, passant d’environ 3 800 FCFA/kg à 2 500 FCFA/kg.
Contrairement à plusieurs pays voisins où les systèmes libéralisés exposent directement les producteurs aux fluctuations du marché mondial, le mécanisme ivoirien de stabilisation continue d’offrir un filet de sécurité aux planteurs.

Cette conjoncture défavorable a toutefois engendré des difficultés opérationnelles. Une mobilisation massive des volumes, combinée à des contraintes logistiques et portuaires, a entraîné des ralentissements dans la collecte et la commercialisation du cacao. À cela s’ajoute une pression transfrontalière croissante, alimentée par des flux de cacao en provenance de pays limitrophes où les prix d’achat sont inférieurs.

Pour répondre à ces défis, le gouvernement a déclenché un plan d’enlèvement des surplus, désormais dans sa phase active. Cette stratégie repose sur plusieurs leviers majeurs : le renforcement de la surveillance aux frontières afin de mieux contrôler les flux transfrontaliers ; le recours à des opérateurs nationaux crédibles et structurés, chargés de mener les opérations d’achat et d’enlèvement en lien avec les broyeurs, les multinationales et les exportateurs ; la continuité du dispositif tout au long de la campagne principale, afin de décongestionner durablement les zones de production.

Dans le détail, les autorités ont arrêté une série d’actions à mise en œuvre immédiate :
• l’inventaire exhaustif de tous les stocks de cacao invendus dans les zones de production ;
• l’achat de ces stocks au prix garanti de 2 800 FCFA/kg, sous la coordination du Conseil du Café-Cacao, en collaboration avec l’Organisation Interprofessionnelle Café-Cacao (OI CC) et les autorités compétentes ;
• l’organisation de séances d’information et de sensibilisation à l’endroit de tous les acteurs de la filière, afin d’assurer une bonne appropriation du nouveau dispositif.

À travers ce plan, le gouvernement entend agir rapidement pour rétablir la liquidité dans les zones de production, sécuriser l’acheminement du cacao vers les usines et les ports, protéger durablement les revenus des producteurs et préserver la stabilité sociale. Il s’agit également de renforcer le rôle des acteurs nationaux dans la chaîne de valeur du cacao.

Aux producteurs, les autorités se veulent rassurantes : la situation est désormais sous contrôle. La réponse gouvernementale est structurée, coordonnée et les opérations d’enlèvement des stocks devraient démarrer dans les tout prochains jours, avec des effets concrets attendus rapidement sur le terrain.

Moussa Camara
Nasopresse.com