L’Honorable Bredoumy Soumaïla, porte-parole du PDCI-RDA, principal parti d’opposition, a recouvré la liberté à la faveur d’une mise en liberté provisoire, après plusieurs semaines passées en détention. Une décision judiciaire qui suscite à la fois soulagement et interrogations profondes sur l’état des libertés politiques en Côte d’Ivoire.
Emprisonné pour avoir exercé ses fonctions politiques, l’élu a payé le prix fort de son engagement. Fait marquant : il a été réélu député alors qu’il se trouvait encore derrière les barreaux, une situation inédite qui en dit long sur la portée symbolique de son combat et sur le soutien populaire dont il bénéficie.
L’annonce de sa libération a été rendue publique par son conseil, Me Ange Rodrigue Dadjé, à travers un message sobre mais chargé d’émotion : « Nous venons d’obtenir la mise en liberté provisoire de l’Honorable Bredoumy Soumaïla. Merci Seigneur. »
Si cette décision est accueillie avec satisfaction par ses proches et les militants de son parti, elle rappelle néanmoins une réalité préoccupante : en Côte d’Ivoire, l’exercice de responsabilités politiques au sein de l’opposition peut encore conduire à la privation de liberté.
Pour de nombreux observateurs, la justice ne saurait être perçue comme un levier de règlement politique. La démocratie ne se construit ni dans la peur ni derrière les barreaux, mais dans le respect des droits fondamentaux, notamment la liberté d’opinion et d’expression.
Dès lors, une question demeure, lancinante et incontournable : quand interviendra la libération de Blaise Lasm, et de tous les autres détenus qualifiés de prisonniers d’opinion ?
La liberté ne peut être sélective.
La justice ne peut être à géométrie variable.
Et la démocratie ne peut durablement cohabiter avec l’existence de prisons politiques.
Tant qu’un seul citoyen sera privé de liberté pour ses opinions, c’est la République elle-même qui restera inachevée.
Nasopresse.com exprime sa solidarité à l’Honorable Bredoumy Soumaïla et à tous les prisonniers politiques, au nom des valeurs démocratiques et de l’État de droit.
Moussa Camara
Nasopresse.com