La liberté de la presse, droit fondamental, reste l’un des plus menacés en Afrique. Entre arrestations arbitraires, intimidations et censures, de nombreux journalistes paient de leur vie professionnelle, voire de leur liberté, pour avoir simplement exercé leur métier. Le cas de Dawit Isaak en est l’illustration la plus tragique.
Dawit Isaak, journaliste, écrivain et poète suédo-érythréen. Photo: Archive
Dawit Isaak, journaliste, écrivain et poète suédo-érythréen, a cofondé en 1997 Setit, le premier journal indépendant d’Érythrée, dans l’espoir de contribuer à une société plus libre et démocratique. Mais le 23 septembre 2001, après avoir publié des lettres ouvertes de responsables politiques réclamant des réformes, il est arrêté. Depuis, il est détenu sans procès, ce qui fait de lui le journaliste emprisonné le plus longtemps au monde.
Devenu un symbole de la répression contre les voix indépendantes, son sort incarne le combat universel pour la liberté d’expression.
Pour porter haut cette cause, une campagne panafricaine baptisée Free Dawit a été lancée. Son objectif : unir les journalistes africains afin de placer la libération de Dawit Isaak au cœur de l’agenda international.
La mobilisation se déroulera en plusieurs étapes :
- Mobilisation digitale – Septembre 2025
- Le 23 septembre, date anniversaire de son arrestation, des journalistes africains publieront simultanément une photo avec l’affiche Free Dawit Isaak.
- Une carte interactive de l’Afrique mettra en valeur la participation de chaque pays.
- Relais médiatique – Fin septembre 2025
- Diffusion de la carte et d’un communiqué de presse aux grands médias internationaux tels que France 24, RFI, BBC, Al Jazeera, Reuters ou Jeune Afrique.
- Objectif : montrer que l’Afrique parle d’une seule voix.
- Pétition mondiale – Octobre 2025
- Lancement d’une pétition internationale avec l’appui d’ONG comme Amnesty International, RSF, PEN International ou le CPJ.
- Les revendications : obtenir une preuve de vie et exiger la libération immédiate du journaliste.
- Offensive diplomatique – Novembre 2025, Luanda
- Une délégation panafricaine composée de journalistes, d’ONG et de Bethelem Isaak, fille du détenu, portera la cause au Sommet UA–UE (24–25 novembre).
- Une pétition sera officiellement remise aux chefs d’État africains et européens.
- L’objectif : rappeler la résolution contraignante adoptée par l’Union africaine en 2018 mais jamais appliquée.
Des résultats attendus
Cette campagne espère :
- accentuer la pression diplomatique sur l’Érythrée ;
- faire de Dawit Isaak un symbole universel de la liberté de la presse ;
- fédérer un mouvement panafricain de journalistes solidaires et capables d’influencer les grandes décisions internationales.
Qui est Dawit Isaak ?
- Nom : Dawit Isaak
- Nationalité : Suédo-érythréen
- Parcours : Journaliste, écrivain et poète, cofondateur de Setit. Sa devise : « Si tu as la possibilité d’écrire, fais-le. »
- Arrestation : 23 septembre 2001, pour avoir publié des appels à la démocratie.
- Situation actuelle : détenu depuis 24 ans sans procès, brièvement libéré en 2005 puis réincarcéré dès le lendemain.
- Symbole : le plus ancien journaliste emprisonné sans procès dans le monde.
La campagne Free Dawit entend rappeler que défendre Dawit Isaak, c’est défendre la liberté d’expression pour tous.
Moussa Camara
Nasopresse.com