Côte d’Ivoire / Période électorale / Le Procureur Koné Braman Oumar sonne l’alerte sur l’usage des réseaux sociaux

À l’approche de l’élection présidentielle prévue le 25 octobre prochain, le Procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan, Koné Braman Oumar, a lancé un avertissement clair aux professionnels des médias et aux utilisateurs des réseaux sociaux : la liberté d’expression ne saurait s’affranchir du respect des lois.

Invité de la 39ᵉ session de l’Autorité nationale de la presse (ANP) sur le thème « Information et communication en période électorale : comment éviter les risques liés aux infractions aux textes juridiques ? », il a exhorté les journalistes à « s’approprier la Constitution » pour éviter tout conflit avec la justice.

« Si vous vous exprimez librement sans tenir compte des droits d’autrui, le Procureur vérifiera si vous avez respecté la loi. Les réseaux sociaux ne sont pas un espace de non-droit », a-t-il martelé.

Il a rappelé que la seule immunité dont bénéficient les journalistes concerne l’interdiction de les placer en garde à vue ou de les condamner à des peines privatives de liberté pour des infractions commises par voie de presse, sauf dispositions légales contraires. La loi sur la cybercriminalité, selon lui, s’applique à « tous, y compris les journalistes, les magistrats et les hommes politiques ».

Le président de l’ANP, Samba Koné, a, pour sa part, insisté sur la responsabilité sociale, morale et juridique des journalistes, particulièrement en période électorale, marquée par la montée des tensions et la propagation rapide de fausses informations ou de discours haineux.

« Chaque mot, chaque image peut devenir une étincelle ou un rempart », a-t-il souligné, appelant les médias à rester rigoureux, éthiques et socialement responsables.

Cette session, tenue à la Maison de la presse au Plateau, s’inscrit dans le cadre des actions de sensibilisation de l’ANP afin de promouvoir un traitement de l’information conforme à la loi et respectueux de la paix sociale, à quelques semaines d’un scrutin jugé crucial pour la stabilité du pays.

Moussa Camara
Nasopresse.com