Le climat politique s’échauffe à Abidjan. Ce mercredi 13 août 2025, à la Maison de la Presse du Plateau, un collectif d’avocats défendant plusieurs militants du PPA-CI a tenu une conférence de presse pour dénoncer ce qu’ils qualifient de graves entorses aux droits fondamentaux et aux procédures légales.
Composé de Me Sylvain Tapi, Me Zahui Toussaint Dako et Me Hugo Kano Blé, tous membres du barreau de Côte d’Ivoire, le collectif a mis en lumière trois points principaux : Des atteintes aux libertés individuelles, Des détentions arbitraires en cours, Et des restrictions de mouvement visant des membres du parti.
Les avocats ont dénoncé des interpellations opérées par des hommes cagoulés et lourdement armés, parfois de nuit, sans présentation de mandat ni identification officielle, en violation manifeste du Code de procédure pénale.
« La loi exige que l’arrestation se fasse par des agents identifiables, sur mandat régulier. Rien dans nos textes n’autorise des opérations menées par des personnes cagoulées qui forcent des domiciles et embarquent des individus », a rappelé Me Sylvain Tapi.
Selon le collectif, les militants arrêtés dans le cadre de l’affaire dite du 1er août ne l’ont pas été en flagrant délit, mais après enquête. Cette situation, affirment-ils, imposait l’application de procédures spécifiques, notamment pour les personnalités bénéficiant d’immunités.
Les avocats ont également fustigé l’arrestation de l’épouse d’un militant, députée suppléante à Yopougon, uniquement parce qu’elle n’aurait pas pu indiquer la localisation de son conjoint recherché.
« La responsabilité pénale est individuelle. On ne peut pas poursuivre quelqu’un uniquement parce qu’il est le parent ou l’époux d’une personne soupçonnée », a insisté Me Zahui Toussaint Dako.
Plusieurs cas similaires ont été évoqués, décrivant un modus operandi récurrent : descentes d’hommes cagoulés au domicile, recherche du conjoint, embarquement de l’épouse en l’absence de ce dernier.
Le collectif a rappelé d’autres épisodes récents où la majorité des personnes interpellées appartenaient au PPA-CI, citant notamment les arrestations massives de février et septembre 2023, ou encore l’interpellation de trois jeunes lors d’un événement public pour avoir arboré le drapeau de la Fédération de Russie.
Enfin, les avocats appellent à l’arrêt immédiat de ces pratiques, qu’ils jugent contraires à l’État de droit et aux engagements internationaux de la Côte d’Ivoire en matière de droits humains.
Moussa Camara
Nasopresse.com