Côte d’Ivoire / Yamoussoukro accueille depuis ce 11 août un atelier stratégique pour renforcer l’éthique et l’intégrité dans le sport en Côte d’Ivoire

Depuis ce 11 août 2025, la ville de Yamoussoukro accueille à l’hôtel Maely un atelier interinstitutionnel de haut niveau, consacré à la mise en œuvre du Programme de formation et de certification sur la Politique de l’Éthique, des Valeurs et de l’Intégrité dans le Sport en Côte d’Ivoire (PEVIS-CI). Cette initiative, portée par l’UNESCO en collaboration avec l’Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS), vise à bâtir un système de formation universitaire certifiant, centré sur les valeurs fondamentales du sport, tout en luttant contre des maux sociaux profonds comme la corruption, le dopage, la violence et la fraude.

Prévu jusqu’au mercredi 13 août 2025, cet atelier réunit des experts nationaux et internationaux, des représentants ministériels, des universitaires, des membres de la société civile et des institutions spécialisées, dans une approche inclusive de co-construction.

Monsieur Marcellin Dally, Secrétaire Exécutif de la Convention internationale contre le dopage dans le sport de l’UNESCO, a rappelé que sa mission consiste à accompagner les États dans la mise en œuvre de la Convention internationale contre le dopage dans le sport. Il a souligné les nombreux défis rencontrés, notamment le manque de capacités humaines qualifiées, la faible compréhension de l’écosystème sportif, ainsi que les insuffisances matérielles et structurelles qui limitent l’efficacité des actions.

Il a ensuite mis en lumière la PEVIS-CI, politique nationale co-développée avec la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, comme réponse stratégique à ces défis. Cette initiative s’inscrit dans la continuité des actions menées lors de la CAN 2023, notamment à travers le projet « CAN des Quartiers », devenu un modèle à exporter dès la prochaine CAN au Maroc. Il a aussi salué l’engagement de l’INJS, en particulier de son Directeur Général, pour l’intégration du programme de formation universitaire dès octobre prochain. Il a conclu en précisant que les travaux à venir permettront de définir les contenus de formation, les niveaux de certification et les mécanismes de mise en œuvre, avec pour objectif de lancer officiellement le programme dans les mois à venir.

Dally a souligné l’importance de s’appuyer sur les cadres normatifs existants, aussi bien internationaux que nationaux, tels que la Charte nationale de l’éthique et de l’intégrité dans le sport.

Le Pr POAME Lazare, Président honoraire de l’Université Alassane Ouattara et Titulaire de la Chaire UNESCO Bioéthique, a quant à lui souligné le rôle du sport comme vecteur d’éducation morale : « Nous devons combattre la banalisation de la tricherie et des passe-droits, et cela commence dès l’université. Le sport peut être une école de vertu. »Patrice REMARCK, Directeur Général du CSCTICAO, a rappelé que le programme s’inscrit aussi dans une dynamique régionale : « La Côte d’Ivoire peut devenir un modèle pour l’Afrique de l’Ouest en matière de sport propre, en intégrant l’éthique à tous les niveaux. »

Dr Disseka Paterson Valery représentant de Dr N’GUESSAN Kouamé, Directeur de la Formation Continue et de la Recherche à l’INJS, a insisté sur la nécessité de former une jeunesse sportive responsable : « Quand un athlète triche ou corrompt, ce n’est pas seulement une médaille qu’il vole, c’est une valeur qu’il détruit. La PEVIS-CI prépare une génération de leaders sportifs ancrés dans l’éthique. »

L’atelier permettra de finaliser les contenus pédagogiques, de valider les modules de formation et de définir une feuille de route claire pour le lancement du programme, prévu à la rentrée 2025/2026, avec une première cohorte de 4 000 étudiants. À travers la PEVIS-CI, le pays affirme sa volonté de faire du sport un outil de transformation sociale et de lutte active contre la corruption et les pratiques déviantes.

R.R    

Nasopresse.com