Dans un contexte électoral marqué par de fortes attentes citoyennes, une trentaine de journalistes de la presse écrite et en ligne ont pris part, vendredi 8 août 2025, à un atelier de formation sur la couverture médiatique responsable des élections. Organisé à Abidjan par le Partenariat européen pour la démocratie (PED), l’événement visait à renforcer les compétences des professionnels des médias pour un traitement impartial, équilibré et conforme aux règles de déontologie.
Intervenant au nom de la Commission électorale indépendante (CEI), Edouard Djoussou, directeur des Études et de l’Éducation, a retracé l’historique des organes électoraux en Côte d’Ivoire, de la CNSEA en 1995 à la création de la CEI en 2000 par la loi n°2001-634.
Il a rappelé que la CEI est composée de 18 membres au niveau central et de 615 commissions locales, chargées de missions clés telles que le recensement électoral, la gestion des listes électorales et l’organisation du scrutin. « Une fois nommé, un membre de la CEI ne peut être révoqué avant la fin de son mandat de six ans », a-t-il souligné, insistant sur le fait que « la vérité, c’est la loi, et le journaliste doit s’appuyer sur la loi pour informer ».
Adina Borcan, représentante du PED, a mis en lumière les textes internationaux ratifiés par la Côte d’Ivoire en matière de démocratie, de droits humains et de liberté d’information, ainsi que les lois nationales régissant la presse écrite et numérique.
Elle a détaillé le cycle électoral, de la période préélectorale à la phase post-scrutin, en insistant sur les obligations des journalistes le jour du vote : présence autorisée dans les bureaux de vote, respect des règles de prise d’images, interdiction de publier sondages et résultats avant la clôture du scrutin, équilibre des sources et vérification rigoureuse des informations.
Pour sa part, M. Doh Konaté, directeur de la presse et des productions d’information numérique à l’Autorité nationale de la presse (ANP), a alerté sur les risques liés aux publications non vérifiées sur les réseaux sociaux : désinformation, propagande et discours de haine.
« Les réseaux sociaux peuvent être une source d’information, mais le journaliste doit toujours la traiter et la vérifier avant diffusion. Sa crédibilité repose sur la rigueur et l’éthique », a-t-il martelé.
Cet atelier s’inscrit dans une série de formations initiées par l’Union européenne au profit des journalistes ivoiriens, toutes catégories confondues.
Le PED, réseau d’organisations à but non lucratif actif dans plus de 140 pays, œuvre à soutenir la démocratie dans le monde en mettant l’accent sur la transparence, la participation citoyenne et la liberté d’informer.
Moussa Camara
Nasopresse.com