Avant même l’ouverture officielle du One Health Summit 2026 à Lyon, en France, l’Afrique avait déjà défini sa position. Le continent a en effet élaboré une déclaration commune portée par Galien Africa, à l’issue d’un webinaire stratégique organisé le 3 avril 2026, en prélude à ce grand rendez-vous mondial consacré à l’approche « Une seule santé ».
Réunissant plus de 200 participants issus de plusieurs pays africains, cette rencontre virtuelle a mobilisé experts en santé humaine, animale et environnementale, chercheurs, représentants de la société civile, décideurs publics, journalistes et jeunes leaders. L’objectif était clair : permettre à l’Afrique d’arriver au sommet de Lyon avec une vision concertée et des recommandations précises.
Présidé par la professeure Awa Marie Coll Seck, présidente de Galien Africa, et modéré par le Dr Magda Robalo, ancienne ministre de la Santé publique de Guinée-Bissau, le webinaire a mis en lumière les défis majeurs auxquels le continent est confronté en matière de santé publique.
« L’Afrique est le continent le plus touché par les épidémies. Il faut que notre voix soit entendue à Lyon. Le temps est à l’action », ont insisté les organisateurs.
Des constats sans détour
Dans leur déclaration finale, les participants ont souligné que la sécurité sanitaire mondiale ne peut plus être abordée de manière sectorielle. Ils ont notamment relevé que le changement climatique, la dégradation des ressources naturelles et la perte de biodiversité constituent désormais de graves menaces pour la santé et la nutrition des populations africaines.
Les experts ont également rappelé l’urgence pour les États africains de renforcer leur souveraineté sanitaire, de développer l’innovation locale et d’accélérer la production régionale de médicaments et de vaccins afin de réduire la dépendance extérieure mise en évidence pendant la pandémie de Covid-19.
Dix engagements majeurs pour l’Afrique
Au-delà du diagnostic, la rencontre a débouché sur dix engagements stratégiques destinés à guider les politiques publiques africaines. Parmi eux figurent : l’intégration de l’approche One Health dans les cadres juridiques nationaux ; la mise en place de systèmes d’alerte précoce intégrés reliant santé, climat et environnement ; le développement des données géospatiales accessibles ; le soutien à l’innovation frugale africaine ; l’accélération de la production locale de médicaments et vaccins ; le renforcement de la formation et de la rétention des talents africains.
Les participants ont également plaidé pour une meilleure coordination des initiatives, une implication accrue des communautés locales, des femmes et des jeunes, ainsi qu’une reconnaissance renforcée du rôle des médias et de la société civile.
Un appel à des actions concrètes
En conclusion, les acteurs réunis ont exhorté les gouvernements et partenaires internationaux à transformer ces engagements en actions concrètes, financées et mesurables.
Pour Galien Africa, cette déclaration marque une nouvelle étape dans le positionnement du continent sur les questions de gouvernance sanitaire mondiale. Présente de manière active dans les précédents forums One Health, l’organisation entend poursuivre son plaidoyer afin que l’Afrique ne soit plus seulement au cœur des débats sanitaires mondiaux, mais également au centre des décisions.
Sacré Abel
Nasopresse.com